Avoir un enfant, c’est facile, l’éduquer l’est beaucoup moins ! #famille#enfant#parent


Par Marie-Ange Zorroche

Coach parentale et familiale, fondatrice de TerrEducation

Un mode de communication non-violent, pour mieux comprendre et s’approprier les valeurs de la famille.

Etre parent, c’est offrir au monde un nouveau citoyen. Mais avant que ce nouveau citoyen devienne autonome, ses parents, qui en sont « l’auteur », devront lui transmettre les moyens d’y vivre dans le respect des autres et de lui-même. Pour plus de précisions, référons nous à la Convention International des Droit de l’Enfant de novembre 1989 sur ce sujet.

« La famille, est une unité fondamentale de la société et milieu naturel pour la croissance et le bien-être de tous ses membres, et en particulier des enfants. La CIDE reconnait que l'enfant, pour l'épanouissement harmonieux de sa personnalité, doit grandir dans le milieu familial, dans un climat de bonheur, d'amour et de compréhension...et de l'élever dans l'esprit des idéaux proclamés dans la Charte des Nations Unies, et en particulier dans un esprit de paix, de dignité, de tolérance, de liberté, d'égalité et de solidarité… »

Les parents devront donc, apprendre à ce nouveau venu, à leur enfant, la paix, la dignité, la tolérance, la liberté, l’équité et la solidarité. Mais pour ce faire, les parents devront inévitablement passer par un mode de communication non-violent, pour qu’il puisse comprendre et s’approprier ces valeurs. Ils devront également mettre en place des règles de vie souscrivant cette communication.

Mettre des règles relève de l’autorité. Pourtant aujourd’hui, avoir de l’autorité sur son enfant semble bien difficile. En effet, on nous a prouvé maintes fois qu’avoir de l’autorité ce n’est pas être autoritariste. Certes non ! Mais ce n’est certainement pas être laxiste et laisser aller et faire son enfant sans règle. Ces règles lui serviront de socle pour grandir. Sans règle, pas de socle ! Sans socle, pas de sécurité pour l’enfant ! Sans sécurité, pas d’apprentissage !

Les parents, que je rencontre, savent très bien ce que signifie avoir de l’autorité et ont conscience de la place des règles dans l’éducation de leur enfant, mais la mettre en action, c’est une toute autre affaire et pour cause ; mettre en place une autorité demande bien des compétences : savoir négocier, avoir une souplesse d’esprit tout en étant ferme sur des points non négociable, avoir une communication congruente, connaître les différents stades de l’enfance et ne pas avoir des problèmes avec le pouvoir !.

Souvent les parents me disent: « J’en ai marre, mon enfant ne m’écoute pas, même quand j’hurle ? »

La réponse se trouve souvent au travers de ces trois points principaux :

1. L’enfant est « dans son monde », il joue. Il ne peut donc être à l’écoute de la demande de ses parents. Ce qui ne signifie pas qu’il refuse la demande des parents, il est juste ailleurs !

Il suffit, juste, de le rejoindre dans son monde en jouant avec lui et lui indiquant qu’il est l’heure maintenant de mettre ses chaussures et qu’après il pourra terminer son château. Connaître le fonctionnement d’un enfant permettra d’éviter bien des crises inutiles.

2. L’enfant va évaluer le risque. Il mettra en place des conduites d’essai pour savoir si les règles énoncées sont effectivement respectées et si les sanctions seront données. Cette conduite est tout à fait normale. Considérez-la comme un essai de la part de votre enfant qui lui permettra de savoir si ses parents peuvent avoir un discourt réel et fiable. Charge aux parents, sans hurler, de mettre la sanction prévue en place, sans tarder, et sans brutalité. La sanction devra être mesurée et non violente. (Les fessées sont inutiles car violentes et inefficaces)

3. Le parent a une communication dissonante : Dès son plus jeune âge, l’enfant communique avec ses parents grâce à la communication non verbale. L’enfant qui ne possède pas encore le langage va développer (notamment avec sa mère) une expertise de la communication non verbale en détectant certains signaux (sourire, plis entre les yeux, regard triste ou fatigué…) lui permettant de comprendre son état d’esprit. Si ce que vous dites ou faites, ne correspond pas à ce qu’il a détecté, cela peut provoquer chez lui une incompréhension de la situation et donc des cris et des refus. Exemple, si vous lui dites que vous « faites tout pour lui » mais que vous passez des heures au téléphone sans prendre suffisamment de temps pour lui, il sera difficilement gérable, voir agressif. De même que, si vos règles ne sont pas appliquées, et que vous dites cent fois « attention la prochaine fois tu seras puni », son comportement pourrait devenir provocateur et agressif car cette dissonance peut le rendre fragile.

Freud disait Éduquer est un métier impossible. L’impossible, nous ne pourrons jamais l’atteindre, mais il nous sert tout de même d’objectif.