Et si nous considérions l'ennui comme une porte d'entrée vers l'imaginaire

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Et si nous considérions l’ennui comme une porte vers l’imaginaire.

Par Marie-Ange Zorroche

Coach parentale et familiale, fondatrice de TerrEducation

Durant les vacances scolaires vous avez laissé vos enfants jouer avec leurs tablettes, smartphones et autres consoles bien plus que vous ne le souhaitiez. Très souvent, vous leurs avez dit : «ne peux-tu pas profiter du beau temps, tu ne vas pas passer toutes les vacances le nez sur ton téléphone. Je te préviens à la rentrée, fini ces heures interminables sur les écrans ! »

Et vous avez raison, les écrans c’est bien, mais « point trop n’en faut ». La rentrée arrive est, comme promis, vous raccourcissez ce temps bien trop long sur les jeux et écrans. Mais qu’ils aient 4 ans ou 14 ans, ils vous diront : papa, maman mais je m’ennuie !! Et vous culpabiliserez.

L’ennui c’est l’absence de distraction. L’ennui au 21ème siècle, c’est l’absence d’écran. Evidemment certains parents penseront que si leurs enfants s’ennuient, ils finiront par faire des bêtises, alors ils rempliront leur emploi du temps après l’école de telle sorte que l’ennui et le vagabondage intellectuel n’aient pas lieu. Il est toutefois important pour leurs constructions d’avoir des temps faibles où rien ne se passe de particulier. Alors évitons de surcharger leur emploi du temps.

Comment amadouer l’ennui ?

Un enfant qui s’ennuie va « errer » dans la maison, à la recherche de quelques choses à faire. Il va vous solliciter, bougonner. Entendez-le mais surtout ne relever ses grognements, laissez le « errer ». Puis son attention va se poser sur un objet. Tout l’enjeu, c’est quel est cet objet ? Il vaut mieux qu’il tombe sur un puzzle que sur une boite d’allumette ! Je vous propose donc de dirigeait quelque peu son « errance ».

L’objet rencontré va être fertile à son imaginaire venu de l’ennui. Nos enfants et adolescents ont cette merveilleuse capacité qu’est l’imaginaire. Leur imaginaire ! Pas celle des très talentueux créateurs de jeu. Dessiner, écrire, chanter, inventer, n’a rien de désuet. L’enfant, doit extérioriser sa créativité et ses angoisses, cette créativité permettra d’apprendre à se canaliser, de gérer son attention et d’accepter le calme.

Ce que je vous propose :

Mettez à sa disposition dans sa chambre ou la pièce à vivre :

 Des feuilles blanches, des mandalas, des dessins à colorier, des sudokus (en fonction de l’âge)…

 Des stylos, de la gouache, des feutres (qui fonctionnent ! Il n’y a rien de pire pour certains enfants que de commencer à dessiner et de s’apercevoir que le rouge n’écrit pas)

 De la pâte à modeler (ou autres)

 Des jeux de sociétés, puzzle (pas en haut de l’armoire, à porter de main)

 Des livres, BD, mangas…

Un dernier conseil, si vos enfants ont besoin d’un moment où le temps s’écoule gracieusement et silencieusement, il est fort probable que cela vous fera également du bien. Installez-vous près de lui (la vaisselle peut attendre), prenez un mandala ou un livre, passez du Bach ou Chopin ou tout autre artiste en harmonie avec votre calme intérieur. Si vous prenez ce temps, l’ennui pour votre enfant et le stress pour vous se transformera en un moment de légèreté et d’imagination. Et pour rendre hommage à Einstein, l’imagination est plus importante que le savoir.