La boîte à outils

Tous ces outils, sont tirés du livre : "Trucs et astuces pour que votre enfant coopère" 

Trucs et Astuces  Marie Ange Zorroche terreducation.png

Utilisation du conditionnel

L’utilisation du présent de l’indicatif du verbe « vouloir », indique une obligation, une nécessité. Elle amenuise, voire supprime, la possibilité pour les parents de prendre une décision (oui ou non à la question de l’enfant). Lorsque la réponse est positive (oui) alors tout va bien (à condition de donner un vrai oui) mais lorsque la réponse est non, cela peut devenir dramatique, car le présent de l’indicatif du verbe « vouloir » ne permet pas d’envisager le non pour l’enfant.

Le masque à oxygène

Lorsque vous êtes en avion, l’hôtesse de l’air vous indique expressément qu’en cas de difficulté, les masques à oxygène tombent et il est impératif de mettre d’abord le sien avant d’en équiper ses enfants. Pourquoi doit-on s’équiper d’abord? Tout simplement parce que le manque d’oxygène se fait vite ressentir. Si vous donnez les masques à vos enfants en premier, vous risquez de ne plus avoir de force pour mettre le vôtre et vous ne serez plus d’aucun secours pour eux, si vous n’êtes plus opérationnel. Dans la vie, c’est la même chose. Vous devez bien évidemment être à l’écoute de vos enfants et de leur ressenti, mais vous ne devez surtout pas oublier le vôtre, sinon, c’est le manque d’oxygène et vous ne serez d’aucun secours pour vos enfants. Alors, pensez à vous ressourcer sans culpabiliser. Prenez du bon temps, faites-vous plaisir sans vos enfants et indirectement, vous leur ferez beaucoup plus de bien. Le masque à oxygène peut revêtir plusieurs formes : •Un cinéma en couple ou avec des ami(es). •Un week-end en couple ou avec des ami(es). •Une balade en forêt. •Un café sur une terrasse ensoleillée. •Lire un bon livre… La plupart d’entre vous êtes généreux avec vos enfants, soyez-le avec vous.

Enlever la nécessité de l’action

Voici un vrai exercice d’éducation pour les situations où sortir avec votre enfant est une vraie galère ! Cet exercice permet d’aider les enfants très en difficulté avec le respect des règles.  Très souvent, nous apprenons à nos enfants des chansons, à jouer au ballon, à dessiner, à jouer aux cartes… mais prenons-nous le temps d’apprendre à nos enfants à respecter les règles que nous leur donnons ? Dans les cas où un enfant a beaucoup de mal à respecter les règles et qu’apparaît le sentiment de « toujours hurler pour les faire respecter », enlever la nécessité de l’action est une solution intéressante. Cela signifie qu’aller faire des courses devient un exercice de respect des règles et donc d’éducation et non une sortie pour remplir le frigo.
Je vous propose d’aller faire des courses sans en avoir besoin dans un magasin pas trop loin, juste pour aider votre enfant à assimiler les règles : •Prévoir 2 heures. •Être détendu. •Ne pas répondre au téléphone. Bien considérer que votre enfant fera comme d’habitude, mais vous ne réagirez pas comme d’habitude. Accepter qu’il faille plusieurs essais

Offrez à votre enfant un vrai « oui, bien sûr! »

Les enfants ont beaucoup de mal à accepter le non et c’est bien normal, le non les frustre. Pour que votre enfant accepte votre non, je connais une astuce qui fonctionne très bien : Offrez-lui, donnez-lui, dites-lui un VRAI « OUI ». Répondez-lui, si finalement ce qu’il demande est normal, un « oui, bien sûr ». Et pas un : « tu m’énerves, bon d’accord » ou « Pff, bon d’accord, mais j’en ai marre ».
On pense souvent qu'on ne sait pas dire "non", alors que la plupart du temps on ne sait pas vraiment dire "oui" 

Ré-apprendre à demander la permission

Demander la permission de prendre des choses qui ne nous appartiennent pas est nécessaire. L’enfant doit se rendre compte que certaines choses ne lui appartiennent pas et qu’elles appartiennent à d’autres. Demander la permission, donne aux parents l’option de dire à son enfant, quand c’est possible : « oui, bien sûr ». Il est très important que l’enfant entende « non, tu ne peux pas le prendre, cela m’appartient, mais on peut mettre de la musique autrement ». Tout ce que vous possédez n‘appartient pas à vos enfants. S’ils veulent l’utiliser, ils doivent apprendre à vous le demander
NB : On ne demande pas la permission pour jouer, chanter, rire, pleurer, ressentir… 

Personnifier la colère

La colère est un sentiment tout à fait normal. L’exprimer l’est tout autant. Cela permet de mettre en évidence que la situation vécue n’est pas agréable.
Mais doit-on pour autant hurler, crier, frapper, cracher ? Il est tout à fait normal pour un enfant de réagir de cette manière. Mais nous, parents, adultes, allons lui apprendre, doucement, à maîtriser et à réguler ses émotions. Dans les contes, la colère est souvent présente sous forme de monstres ou d’animaux dangereux. Je vous propose de la rendre visible aux yeux de votre enfant
Ne punissez pas votre enfant parce qu’il est en colère, mais dites-lui plutôt : « Je vois que la colère arrive, est-ce qu’on peut la faire partir en se faisant un gros et long câlin? ». Le câlin, grâce aux hormones qu’il émet, est un bon chasseur de colère.
Si la colère a envahi votre enfant, vous pouvez lui demander de se mettre à l’écart pour que la colère n’envahisse pas la maison et vous pouvez lui donner un coussin de la colère pour qu’il puisse la faire passer. Revenez voir votre enfant et dites-lui sans agressivité, mais avec beaucoup de bienveillance, « est-ce que la colère est partie ou elle est toujours là? » Laissez votre enfant répondre, s’il crie, dites-lui : « décidément, cette maudite colère a du mal à partir, préviens-moi dès qu’elle est partie ». Ainsi, votre enfant n’aura pas l’impression d’être un « méchant » parce qu’il est en colère.

Le temps mort

Lorsque le seuil de la colère est dépassé, que votre enfant hurle, jette des objets et va jusqu’à frapper... Seul le temps mort peut vous aider. Dans le milieu sportif, le temps mort correspond au moment où les joueurs sortent du jeu et où le temps s’arrête. Lorsque les joueurs se retrouvent dans une situation difficile, l’entraîneur propose un temps mort pour calmer les tensions et proposer des solutions de jeu. Ce temps permet de « sortir du jeu ». En famille, c’est la même chose. Nous pouvons considérer que le temps mort est la période durant laquelle le parent interrompt la relation entre son enfant et lui afin que la tension redescende et que la communication redevienne calme et détendu. Le temps mort est court. Il convient que cela dure 1 minute par année d’âge. Le temps mort doit être donné rapidement pour éviter à l’enfant une trop grande émotion et concernant le parent, cela lui évitera de prononcer certains mots qui dépassent la pensée…